
Parlons de cancer du sein avec l’association Jeune & Rose
Toute l’équipe Wikisexy s’engage pendant le mois d’Octobre Rose pour sensibiliser notre communauté sur le cancer du sein. C’est pourquoi nous avons interviewé Justine de l’association Jeune & Rose. Est-ce que vous êtes touchées par cette maladie ? Cherchez-vous du support ou des conseils ? Venez découvrir l’association et le témoignage de Justine qui nous raconte tout sur son parcours de guérison !
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Sommaire
Connaissez-vous l'association Jeune et Rose ?
Pour commencer, Justine est-ce que tu peux nous présenter l'association Jeune & Rose en quelques mots pour les gens qui ne la connaissent pas ?
L’association Jeune & Rose est un collectif de femmes touchées par un cancer du sein entre 20 et 40 ans. Depuis 2017, elles luttent ensemble pour faire changer le regard sur la maladie !
Et ce combat est mené grâce aux projets mis en place par l’association. Jeune & Rose a trois grands projets :
- Accompagner les jeunes femmes touchées par la maladie en leur proposant des ateliers adaptés à leurs problématiques et en organisant des temps d’échanges et de rencontres elles.
- Sensibiliser les jeunes et le public éloigné du système de santé au cancer du sein, aux gestes d’auto-examen mammaire et aux symptômes.
- Alerter les professionnels de santé en étude ou en exercices aux problématiques spécifiques des jeunes patientes, tels que par exemple l’oncofertilité, ou expliquer la maladie à leurs jeunes enfants, ou encore comment faire face au cancer pendant la grossesse, afin de favoriser une meilleure prise en charge.
Pourquoi l'association Jeune et Rose s'adresse principalement aux jeunes femmes atteintes par le cancer du sein ? Est-ce qu'il y a des problématiques spécifiques liées à la tranche d'âge 20-40 ans ?
Christelle, la cofondatrice, a une phrase qui résume bien cette spécificité : “lorsque l’on est touchée par un cancer du sein entre 20 et 40 ans. On a le même problème que toutes les femmes touchées par la maladie mais pas les mêmes problématiques”.
Être touchée par la maladie à ces âges c’est traverser la maladie durant une tranche de vie particulière, où les questions de maternité, de carrière professionnelle et parfois même d’études se posent. C’est la vie d’adulte qui s’installe. Les conséquences de la maladie sur la vie personnelle ne sont donc pas plus compliquées à gérer qu’une femme de 50, 60 ans, elles sont juste différentes !
C’est donc pour ces raisons que Jeune & Rose a été créée, pour proposer un espace dédié aux femmes touchées dans cette tranche de vie, leur proposer entraide et des solutions. Que faire si la maladie débarque alors que l’on est en plein projet bébé ? Que faire si l’on tombe malade alors que l’on vient de prendre son tout premier poste ? Que faire si le diagnostic tombe alors que l’on est enceinte ?
Comment et où peut-on vous retrouver ?
Nous sommes présentes un peu partout en France grâce à l’incroyable mobilisation de nos 80 ambassadrices sur leurs territoires ! Vous pouvez retrouver tous les départements et régions aux couleurs de Jeune & Rose sur notre site internet.
Si vous êtes touchée par la maladie, vous pouvez assister à nos rencontres en visio et en présentiel. Elles sont totalement gratuites, elles sont annoncées sur notre insta @jeuneetrose et notre site internet.
Nous avons un podcast, “Les Pipelettes”, dans lequel on aborde plein de sujets autour de la maladie. Et un groupe privé Facebook, “Jeune & Rose”, uniquement composé de patientes et dans lequel vous pouvez échanger entre vous !
Si vous souhaitez organiser une action de prévention et de sensibilisation à nos côtés, les mails des ambassadrices et du siège sont sur notre site.

Le cancer du sein et la société
Est-ce qu’on peut dire que la perception du cancer du sein a évolué au sein de la société et qu'il y a aujourd’hui une majeure sensibilisation à la prévention ? Si oui, comment et grâce à quoi ou à qui ?
Aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux de plus en plus de personnes traversant la maladie en parlent. Cela a permis de déconstruire le tabou autour du cancer du sein, de faire prendre conscience du nombre de personnes touchées chaque année par cette maladie et surtout qu’elle peut toucher les femmes à n’importe quel âge ! C’est notamment ce qu’il s’est passé il y a peu avec Caroline Receveur et l’annonce de son cancer. Chaque prise de parole publique sur ce sujet est importante !
Sans oublier bien sûr l’incroyable travail des associations de lutte contre le cancer du sein qui, chaque année durant Octobre Rose, donnent de plus en plus de visibilité à cette cause.
Les campagnes de dépistage menées depuis de nombreuses années ont également un impact sur la prise en charge des personnes. Elles permettent une plus grande anticipation.
Qu'est-ce qu'il reste encore à faire au niveau de la sensibilisation et de prévention ?
Il reste encore beaucoup à faire ! Nous le constatons lors de nos ateliers. Beaucoup de personnes nous disent connaître le geste de l’autopalpation mais ne savent pas comment faire. Car on ne leur a jamais appris ou bien ne le fait pas de peur de découvrir quelque chose.
C’est pour cela qu’il faut en parler dès le lycée. Cela permet à chacun·e de devenir acteur·rice de sa santé, de connaître son corps et de changer de prisme sur ce geste. Ne plus le voir de manière angoissante mais au contraire comme un geste de bienveillance envers son corps. L’auto-examen mammaire est primordial car il permet de réagir vite si la personne sent quoi que ce soit.
Il faut également inclure les jeunes dans les discours de prévention. Nous le constatons avec les récentes études. Les jeunes sont de plus en plus touché·e·s par des cancers et notamment le cancer du sein.

L’expérience de Justine de l'association Jeune et Rose avec le cancer du sein
Lors de mon premier RDV avec mon oncologue, elle m’a parlé de l’association Jeune & Rose en me donnant un flyer de l’association. Elle m’a conseillé de les contacter.
J’ai commencé à suivre le compte Instagram dans un premier temps. Je ne me sentais pas encore prête à rencontrer des gens en rapport avec le cancer.
Un jour, j’ai suivi une fille qui avait un compte Instagram dédié au cancer du sein et il se trouve qu’elle avait à peu près mon âge et qu’on habitait dans la même ville ! Je l’ai contacté et on s’est rencontrée.
Elle m’a elle aussi parlé de Jeune & Rose, elle y était engagée. Elle m’a proposé de participer à une rencontre entre patientes, un PINK nique, et j’ai accepté. J’ai tout de suite accroché à l’ambiance de l’asso. Je pouvais enfin parler très librement de ce que je vivais avec des personnes qui étaient dans le même cas que moi !
On ne parlait pas de la maladie en elle-même comme je le faisais avec les médecins qui me suivaient, mais des à-côtés : la sexualité, les problèmes financiers, nos ressentis personnels face à nos amis qui sont assez éloignés de ce que l’on est en train de vivre.
J’ai adoré trouver un cercle de parole aussi ouvert. Je me sentais comprise à 100% pour la première fois depuis le début de mon parcours.
J’ai continué à être en contact avec ses filles et l’asso. Puis petit à petit à m’engager réellement sur les différents projets de l’association Jeune & Rose.
Comment as-tu décelé ton cancer du sein ?
J’avais l’habitude de masser et toucher mes seins donc je connaissais ma poitrine. Par contre, je ne pratiquais pas l’auto-examen mammaire tous les mois, je ne connaissais pas les gestes.
Un jour, j’étais allongée dans mon lit et j’ai senti une grosseur qui me paraissait nouvelle. « Chance » pour moi, j’avais mon rdv annuel chez ma gynécologue 2 semaines après. Je lui ai parlé de cette grosseur. Elle a alors effectué une palpation avant de me prescrire une échographie et une mammographie.
Dans ma famille, il y a le gène BRCA1, un gène qui prédispose au cancer du sein. Ma mère a eu un cancer du sein à 34 ans. Au moment du diagnostic je ne savais pas si j’étais porteuse du gène. J’avais 50% de risque de l’avoir. Les médecins ont donc été très attentifs à mon cas dû à ces antécédents génétiques.
Comment a-t-il affecté ta vie quotidienne ?
Forcément, avoir un cancer du sein à 26 ans a été assez compliqué.
J’étais à un moment de ma vie où j’essayais de construire ma vie personnelle et professionnelle. Je venais d’aménager depuis 4 mois avec mon copain et j’étais en reconversion professionnelle.
Ma vie professionnelle s’est mise sur pause, mon projet de reprendre mes études a été stoppé.
Pendant 6 mois, j’ai eu de la chimiothérapie. Ma vie était principalement rythmée par des allers-retours à l’hôpital, des prises de sang et des rdv médicaux. C’était assez compliqué mais j’ai toujours eu en tête que j’allais m’en sortir, comme ma mère !
Mon copain, malgré le fait que nous étions un jeune couple, a été d’un soutien incroyable ! Il est devenu mon pilier dans cette épreuve et ça m’a beaucoup aidé.
Entre tous ces rdv à l’hôpital, on a quand même réussi à sortir en week-end et à penser à autre chose. Cette épreuve a renforcé notre couple et je l’ai demandé en mariage !
Après avoir passé la période des traitements lourds, j’ai voulu m’engager réellement dans cette cause auprès de l’association Jeune & Rose. J’y ai rencontré des personnes formidables, qui ont vécu la même chose que moi et ça m’a fait beaucoup de bien !
Personnellement, je suis fière d’avoir surmonté cette période difficile de ma vie en force. J’adore faire de la prévention auprès des jeunes, aider les femmes qui sont en traitement, faire entendre notre voix. Ça me fait du bien de me sentir utile.
Et aujourd'hui, où te situes-tu dans ton processus de guérison ?
Je suis à 3 ans et demi de mon diagnostic. Tous les 6 mois, j’ai des rendez-vous médicaux avec mon oncologue, un scan et une prise de sang pour vérifier si tout est ok.
Tout va bien pour l’instant, je croise les doigts pour que ça continue dans ce sens.
Je dois continuer ces contrôles pendant 1 an et demi.
Quel est le conseil ou le message principal que tu voudrais donner à une personne qui est atteinte par le cancer du sein ?
Je voudrais déjà lui dire qu’elle n’est pas seule !
Il faut se faire aider par son entourage, ne pas hésiter à parler de ses ressentis, ça aide vraiment à avancer. Les associations peuvent aussi être d’une grande aide et répondre aux questions « pratiques » que l’on se pose. La bienveillance que l’on y trouve fait chaud au cœur.
Et surtout, ne pas oublier de s’écouter, de prendre le temps d’accueillir ses émotions, de penser à soi-même, de faire des choses qui nous font du bien.

Nous remercions Justine d’avoir partagé avec nous son expérience personnelle et son combat contre le cancer du sein. Nous tenons à remercier aussi l’association Jeune et Rose pour l’incroyable travail que toutes les bénévoles accomplissent au quotidien.
Et si vous avez besoin d’elles, n’hésitez pas à les contacter pour obtenir des informations, des conseils et du soutien tout au long de ce parcours.
